1. Directeur général
Χιός
Γαλάτης
Quart-arrière
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Grande Guerre
L'entre-deux-guerres
Seconde Guerre mondiale
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“Pendant la guerre, le peuple français a gagné notre sincère admiration pour leur esprit et dévotion aux hauts idéaux, pour leur force de charactère et leur efficacité,” a écrit un membre. “Le peuple des Etats-Unis se doit de mieux les connaître dans l’avenir, de renforcer les liens d’amitié entre les deux nations, et d’accroître leur coopération dans l’avancement de la civilisation selon leurs idéaux partagés.” (George Rock, "The Fellowships for French Universities" in The History of the American Field Service, New York: Platen Press, 1956)
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"Ce serait bien à propos ici de nous rappeler de l’origine de la Society for American Fellowships in French Universities. Vers la fin de l’année 1915, le docteur John H Wigmore, doyen de jurisprudence à la Northeastern University de Chicago, éducateur largement connu, a posé les fondations de la société qui dorénavant portera le nom d’American Field Service Fellowships for French Universities. Dans un échange de courriers avec C.H. Grandgent, professeur à la Sorbonne sous un programme d’échanges, il a appris qu’un tel project serait cordialement accueilli par les autorités françaises. (Charles A. Coffin, Chairman of the AFS Fellowships for French Universities. "Remarks at first AFS reunion" "AFS Bulletin, juillet 1920)
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Pendant l’année suivant notre démobilisation, nous avons consulté avec le Ministre de Guerre français, avec les chefs d’autres instances en France, et avec des individus dont la position et l’expérience soulignaient la valeur de leur jugement en France et dans notre pays. Il y a eu consensus mettant de l'avant que notre effort devrait être de nature académique, visant l’établissement de bourses entre des universités françaises et américaines. [...]
En rentrant en Amérique l’été dernier, nous avons constaté que l’on avait déjà créé une association pour des bourses américaines dans des universités françaises. […] Presqu’immédiatement, Monsieur Herrick nous a fait part qu’ayant entendu parler de notre intérêt à un projet similaire, son comité serait content de nous consulter dans le but d’une possible alliance. Pendant la conférence qui s'ensuit, les administrateurs de l'AFS ont expliqué qu’ils étaient d’avis que l'implication dont avaient fait preuve les membres du Field Service justifiait amplement le fait que l'identité AFS ainsi que leur pouvoirs administratifs soit perpétués dans tout projet futur.
La réponse de Monsieur Herrick et de ses associés fut possiblement un des plus grands hommages que notre Service a jamais reçu. Ils ont exprimé non seulement une compréhension et approbation de notre point de vue, mais par respect des accomplissements du Field Service, ils ont offert de renoncer à leur propre identité en faveur de renommer la totalité de l’organisation “l’American Field Service Fellowships for French Universities, d’intégrer des administrateurs du Field Service sur leur Conseil d’Administration, et de confier à notre Service l’administration de l’oeuvre, la sélection des boursiers, etc.("The Future of the Field Service", AFS Bulletin, avril 1920)
"En février 1946, alors que l’AFS menait à terme ses activités de guerre, M. Galatti commençait à sonder ses membres afin de savoir si l’association devrait continuer d’exister de façon permanente. Les French Fellowships allait bientôt se remettre en marche, mais ceux-ci avait un statut indépendant. (George Rock. "The First Years of the Teenage Programs (1946-1955)." History of the American Field Service, 1920-1955. New York 1956.
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"S'il allait continuer de fonctionner, AFS devrait avoir un projet en temps de paix, et M. Galatti a déclaré qu’il avait le sentiment que des échanges d’étudiants à travers un système de bourses devrait être le premier projet de l’Association. Ces échanges ne se limiteraient pas aux Etats-Unis et la France, mais seraient ouverts à tous les pays." (William P. Orrick. New York: The First Thirty Years of the AFS International Scholarships. New York: AFS Archives. 1991.)

Au début de l’année 1947, Stephen Galatti a convoqué une réunion de supporters-clé afin de discuter le sujet. George Van Santvoord (un ambulancier de la Grand Guerre) et son protégé, Arthur Howe (un ambulancier de la Seconde) y ont assisté. Pendant cette réunion, la forme générale d’un programme international en contrepartie aux French Fellowships a été esquissée. Si les French Fellowships avaient été créés dans la perspective intellectuelle de une éducation universitaire avancée, le nouveau programme des AFS International Scholarships seraient établis avec une optique plus large.
The objective was to give the young people of various nations, who had been chosen for their character as much as for intelligence, as real an understanding of America as they could get in a year. AFS wanted them to be ambassadors for their countries while they were in the United States, informing Americans about the people, customs, and ideas of their homelands. At the same time, it was felt, they would learn about America and could take this understanding back to their families and friends at home. (George Rock, ibid.)
L’initiative est pourtant venu de Paris d'où un des contacts de Monsieur Galatti avait téléphonait qu’il avait trouvé trois lycéens français prêts à venir en Amérique.
Steve Galatti était un administreur à St. Marks’s School et a dit, “J’en prendrai un ici.” Et George Van Santvoord a affirmé qu’il en prendrait un à Hotchkiss. Et j’ai promis de prendre ma voiture le lendemain et silloner le conté de Westchester afin de trouver un lycée susceptible d’en prendre un. Je me me rappelle d’être trouvé au fond de cours chez le surintendant des écoles à Pleasantville […] Celui-ci était un train de tondre son gazon cet après-midi et je l’ai interrompu pour lui assister à ma bizarre présentation du fait que je représentait l’American Field Service et que nous voulions emmnener des lycéens ici, et est-ce qu’on pourrait en placer un dans le lycée de Pleasantville. Et pardieu, cet homme a répondu “oui”! (Arthur Howe, transcription of an interview, AFS Archives, New York, AFS Archives.)
Le plan était de continuer avec des échanges universitaires comme avant la guerre, et des premiers 50 boursiers, 22 étudiants avaient été choisis selon ce critère, dont certains subventionnés par des bourses arrangées par d’anciens ambulanciers. Mais les autres, la majorité, étaient plus jeunes, accueillis par des lycées privés dit “préparatoires”. George Van Santvoord (SSU 8-3), directeur de la Hotchkiss School et président du National Preparatory School Committee, avait suggéré en février 1947 que les lycées de son comité étaient prêts à accorder des bourses (tuition, logement, pension) à un groupe d’adolescents sélectionnés. L’idée était que, si l’on accomplissait quelque chose en faisant venir des étudiants, on pourrait faire encore plus en accueillant des plus jeunes. Comme peu de ce genre d'expérience avait été tenté avant, personne n'était pas en mesure d'en prévoir la suite. (George Rock, ibid..)
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….le Ministère des Affaires étrangères américain a demandé à l’AFS de leur créer un programme de lycéens pour l’Allemagne. Sous les termes du contract, 111 lycéens allemands sont accueillis aux Etat-Unis en 1950-1951. Des 108 autres boursiers AFS, 82 sont dans des écoles secondaires. La taille du programme avait ainsi été double dans un an (Seulement 26 sont dans des universités, et l’année suivante, les échanges universaires seront abandonnés.). (George Rock, ibid.)
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"Le Haut Commissarait en Allemagne se penchait sur les problèmes posés par une génération de jeunes Allemands qui avaient été formés de telle sort que cela risquait de compromettre leur éventuel contribution positive au monde, et il y avait le sentiment que si une proportion des leaders de ce groupe de jeunes pouvait voir un autre côté du monde, ce serait un apport constructif dans l’effort total de réorienter l’Allemagne.
"Cela fut un énorme coup de pouce pour les bourses de l'AFS, car au fond chaque boursier venait au coût, et pour la première fois, nous disposions d'une une source de soutien financier importante pour faire face à nos frais généraux.
Steve cherchait l’argent, assez d’argent pour emmener les jeunes ici, (il utilisait chaque sous pour le faire), et cela ne nous laissait pas assez de ressources pour payer ni frais de location, ni salaires. A l’époque, presque personne au staff, s’il y en avait une, n’était payée . Et Steve a gardé les agréments à un niveau minimal absolument incroyable. C’était l’expression de sa dédication et de son entrain--—investir chaque sou dans un autre lycéen.
"C’est difficile de réaliser l'importance de ce financement de la part de la Ministère des Affaire étrangères en nous accordant un peu la possibilité de faire certaines choses, disons, correctement."(Art Howe in William P. Orrick. New York: The First Thirty Years of the AFS International Scholarships. New York: AFS Archives, 1991.)
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Le programme d’adolescents était ouvert aux garçons et filles de 16 ans au minimum et au maximum 18 ans, généralement lycéens, originaires de régions urbaines aussi bien que rurales. Chaqu’un était censé passer une année aux Etats-Unis au sein d’une famille d’accueil américaine et au lycée, et participer aux programmes des groupes de jeunes locaux ainsi qu’aux activités communautaires. A l’origine, ce programme avait des objectifs fortement humanitaires, mais également pragmatiques. On espérait que le séjour aux Etats-Unis “guérirait les blessures de guerre;” mais d’autres objectifs avaient des fins de réorientation spécifiques: “instiller une connaissance et un respect pour la vie en démocratie dans la jeunesse de ces pays [l’Allemagne et l’Autriche] qui avait été indoctrinée sous le régime national-socialiste et qui avait été isolée des [en fait, n’avait jamais été exposée aux] pratiques et ideaux démocratiques.” Par la suite, avec la relaxation du contrôle des Alliés et le retour graduel de l’Allemagne à un état d’indépendance et de souveraineté, les objectifs du programme évoluaient de réorientation à “promouvoir une meilleure compréhension mutuelle,” avec l’espoir que la vie dans un environnement typiquement américain pourrait aider les jeunes à réviser leur préjugés et de cultiver une nouvelles perception des Etats-Unis, en créant ainsi les bases pour une relation mutuelle bénéfique entre l’Amérique et l’Allemagne. (Henry J. Kellermann. Cultural Relations--Instrument of Foreign Policy. U.S.-German Exchange. 1945-54. State Department, 1978.)
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Sachiye Mizuki, Dot Field, George Edgell, Steve Galatti
4. La nouvelle donne M. Rock, ayant consulté sa montre, m’a annoncé que M. Galatti devrait finalement se trouver dans son bureau après son retour de vol à Ohio, et il a suggéré que nous montions à l’étage pour le rencontrer. En cours de route, j’ai appris que M. Galatti était des diplômé de St. Mark’s et de Harvard, qu’il avait conduit une ambulance sur la ligne de front de la Grande Guerre, et que pendant les années qui en suivaient, il avait trouvé le temps de travailler dans une société de courtage, tout en dirigeant AFS pendant les années mouvementées de la Seconde guerre et du début de l’actuel programme de bourses, en 1948. En 1954, il avait pris sa retraite dans les affaires afin de se consacrer entièrement aux boursiers, sept jours sur sept, et sans paie.
Nous avons trouvé M. Galatti en pleine conversation téléphonique dans une pièce miniscule qui avait l’air plus chargée de photos et de souvenirs des boursiers AFS que le reste du bâtiment . J’ai pris note d’une plaque qui attestait du fait que Philippe Aucouturier, un boursier français en Californie, avait gagné un concours régional de jeunes orateurs; d’un poster de recrutement de la Grand Guerre; et d' une reproduction encadrée du célèbre discours du général de Gaulle qui commence avec ces mots: “A tous les Français: La France a perdu une bataille.” Parmi les objects que j’ai pu identifier le long du mur furent des choppes, une charrette paysanne de Costa Rica, des vases finlandais, un modèle de bateau en filigrane du Portugal, une poupée guatémaltèque, une poche à vin espagnole, un cheval en bois de la Suède, et l’empreinte rouge de la main d’un lutteur japonais sur du papier blanc. Le bureau derrière lequel se trouvait M. Galatti était dominé par la présence d’une énorme tirelire mexicaine qui affichait l’enseigne: “Nourris-moi, s.v.p.”
M. Galatti était un homme bien en chair, une grande tête distinguée, des cheveux gris, un visage marqué par l'âge plein de gentillesse. Il avait l'air à la fois sage et coquin, et faisait mentir ses 71 ans. Dès qu’il a termé sa conversation téléphonique, il m’a salué et m’a expliqué que l’appel venait d’une ville d’Oregon où un boursier devait subir une appendicectomie d’urgence et qu’il était en train d’enquêter sur le chirurgien et l’hôpital auxquels la famille d’accueil du boursier avait fait appel pour l’intervention. “J’ai des procurations signées par les parents de tous les enfants qui me permettent d’agir dans leur intérêt en tout cas d’urgence,” il m’a dit. “Nous insistons pour que l'on nous prévienne immédiatement; George Edgell, qui a la responsabilité générale de tous les boursiers étrangers en Amérique, soit moi-même. On peut nous joindre à tout moment, jour ou nuit. Nous avons eu notre part de ce qui peut arriver à des adolescents, mais heureusement nous n’avons connu qu’une seule fatalité.” J’ai fait par à M. Galatti que j’avais compris qu’il travaillait au bureau, les fins de semaine, en plus d’être de garde toutes les nuits. “C’est chose facile pour moi,” il a répondu. “Ma femme est décédée, mon fils est grand, et j’aime ce travail tranquille.
En passant en revue l’histoire de l’AFS et de sa carrière, il m’a raconté que l’organisation avait sponsorisé les échanges de quelque étudiants entre les deux guerres et après, mais que ses membres restaient pourtant mal à l’aise, avec le sentiment qu’ils pourraient faire plus pour promouvoir des amitiés internationales. Au début de 1947, George Van Santvoord, ancien ambulancier de l’AFS, directeur de la Hotchiss School et président du comité des écoles préparatoires nationales, a suggéré que l’AFS crée un programme d’échanges internationaux pour les adolescents. “Il a remarqué que les enfants de cet âge n’avaient pas encore eu le temps de former des préjugés nationaux rigides, et qu’ils demeurent spontanés et flexibles, sans la demande qu’ont les étudiants universitaires pour des formations spécialisées. Par conséquent nous avons récolté dix mille dollars chez nos membres, tout en demandant à des groupes éducatifs et aux attachés culturels américains dans quatre pays européens de nous selectionner dix-sept adolescents. En automne, nous les avons fait venir pour les mettre en pensionnat dans les lycées préparatoires qui avaient accepté de les enrôler en dernière année sans les frais usuels. Ensuite nous avons trouvé des familles disposées à les accueillir pendant les vacances. A la fin de l’année, on les a mis dans un bus pour faire un tour du pays, nos anciens ayant organisé la réception chez l’habitant le long de la route. Ce tour a connu un succès énorme. Un des arrêts était à Elkhart, dans l’Indiana, d’où le directeur du lycée nous a écrit par la suite, en demandant l’envoi de deux jeunes boursier pour l’année suivante. Il a précisé que ses élèves avaient cherché les fonds nécessaires et que l’on avait trouvé des familles pour les accueillir. D’autres communautés ont entendu parler du projet d’Elkhart et ont également demandé des jeunes pour leurs lycées. En ce moment même, nous avons décidé de nous concentrer sur les lycées publics où un jeune serait en contact avec la communauté entière.
"Naturellement, nous ne savions pas comment cette expérience avec les lycées publics allait évoluer, puisque personne n’avait jamais tenté un tel projet à grande échelle. Mais peu après que les enfants se sont installés, les lettres commençaient d’arriver: ‘Marcel est tout ce que nous aurions pu souhaiter comme fils,’ et “Quelle joie que d’avoir Gréta comme membre de notre famille,’ ou ‘Hanne a été élue Reine des Footballers,’et ‘Dimitrios est maintenant membre du Conseil des élèves.’ Et les enfants eux-mêmes écrivaient qu’ils se sentaient si proches de leur famille d’accueil qu’ils avaient commencé de leur appeler “Maman” et “Papa.” C’était donc évident qu’ils profitaient énormément de leur année, qu’ils pouvaient s’adapter à la vie ici, et en même temps qu’ils se tissaient de solides amitiés — notre premier objectif. A ce point, le Ministère des Affaires étrangères, qui nous aidaient déjà en filtrant des candidats à l’étranger, nous a donné un grand coup de pouce. Il nous a fait le don d’assez d’argent pour financer une centaine de boursiers pour les jeunes Allemands, un programme qui allait durer six ans. Cela nous a fait un total de 209 adolescents de 15 pays en 1950.
On était loin d’avoir assez de communautés pour les accueillir. Par conséquent on a dressé une liste de bons lycées autour du pays et on a chargé nos membres de trouver des familles dans leurs villes et de stimuler de l’intérêt local dans notre programme. Pour nombreuxAméricains, les jeunes Allemands réstaient toujours des enfants ennemis, et les jeunes eux-mêmes anticipaient avec assez de terreur leur réception ici. Le plus étonnant que tout se soit arrangé. Pendant le tour en car, même les jeunes Français et Allemands sont devenus de proches amis. Un garçon allemand m’avait dit que rien ne pourrait le faire fouler le sol français. A la fin du tour, il projetait de visiter tous les enfants français chez eux en rentrant en Allemagne.
"La Ministère des Affaires étrangères a aidé énormément. Elle nous conseille sur la formation de comité à l’étranger, agit en liaison avec les systèmes éducationnels étrangers, et nous aide à interviewer des candidats dans de nouveaux pays jusqu’à ce que nous puissions mettre sur pied des comités locaux,” continue M. Galatti. En 1953, l’AFS a commencé en Amérique du Sud, il ajouta, et en 1959, il comptait plus d’une centaine d’élèves de l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Ecuadeur, le Pérou, l’Uruguay et la Vénézuela. En 1956, il avait intégré l’Indonésie et le Guatémala, rejoints ensuite par le Malay, l’Union de l’Afrique du Sud, l’Egypte, la Syrie et l’Iran. Dans certains pays, il jouit d’un grand soutien, comme en Norvège par exemple, lorsque 88 lycées des 111 en tout prennent part au programme.
Les Americans Abroad ——échanges estivaux—- a continué M. Galatti, qui avaient été conçus et mis en oeuvre par des “returnees” étrangers en guise de geste de remerciement, s’est étendu à vingt-quatre nations en 1959. Les returnees trouvent des familles prêtes à accueillir les Américains pendant leur séjour de sept ou huit semaines (onze ou douze semaines dans les pays asiatiques). Ensuite, ils veillent sur les jeunes visiteurs et trouvent des fonds pour financer un fin-de-séjour officiel à un lieu choisi, souvent la capitale du pays, où les boursiers évaluent leur expérience, discutent leur futur rôle dans l’AFS et sont grandement fêtés. “C’est un grand défi pour les returnees,” a commenté M. Galatti. “Dans leurs pays, un enfant ne peut pas simplement interpeler son père et lui dire qu’il aimerait que l’on héberge un enfant étranger pour l’été. Quant aux fonctionnaires des écoles et aux responsables communautaires, ils n’ont pas l’habitude de s’assoir avec des adolescents afin de discuter sérieusement quoique ce soit."
Le programme Americans Abroad, où les lycéens en derniere année passent leur premier semestre dans des écoles étrangères, ne fonctionnait que depuis deux ans, enchaine M. Galatti. “Nos lycéens, comparés à ceux de la plupart des autres pays, ont peu d’instruction en langues étrangères, et par conséquent ils étaient confrontés à des barrières linguistiques sérieuses. Pourtant, ils ont trouvé la vie en lycée très différente de la nôtre— pour la grande majorité, il s’agissait de dur labour de huit heures du matin à cinq heures du soir, sans aucune activité sociale ou extrascolaire. Pourtant, ils semblent avoir tenu le coup et en ont profité. De surcroît, à leur retour, peu ont eu du mal à se faire accepter par leur premier choix d’université.”
M. Galatti s’est ensuite excusé, en expliquant qu’il devait voir le fils d’un ancien AFSer autrichien qui était à New York chez la famille d’accueil américain de son fils. “Ses enfant réussissent à créer des liens durables,” il a dit. “La plupart correspondent régulièrement avec leur familles américaines, et il y a énormement de visites dans les deux sens." (Katharine T Kinkead, Walk Together, Talk Together, Norton: NYC, 1962)
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En août dernier, pendant une réunion tenue à New York, peu après la mort de Steve, organisée en honneur du 50ième anniversaire de l’American Field Service et composée des délégués venus de toute part du pays et du monde, Dean Rusk, notre Ministre des affaires étrangères, déclara:
« Stephen Galatti oeuvrait pour un monde où l’humanité entière pourrait vivre ensemble en paix et en fraternité. Ce genre de monde représente le rêve éternel du peuple américain et l’objectif ultime de notre politique étrangère, »
Pendant cette même réunion, Edward A. Weeks, l'éditeur-en-chef de la revue Atlantic Monthly, président du Conseil d'administration de l'AFS, en parlant de Steve et de son rôle d’Inspecteur général pendant la Seconde guerre, a dit: “Il avait un don magique pour la récolte de fonds mais, plus important encore il avait, à sa façon désarmante, l’affection et la confiance absolue des ambulanciers qui venaient à lui, comme à personne d’autre, avec leurs problèmes personnels. » Voici quelques autres citations du discours de Weeks à propos de l’AFS et de Steve et qui, selon moi, nous permettent d'avoir une meilleure idée de cet aimable homme modeste et de l’importance du travail qu’il avait accompli:
« C'est un vieil adage que lorsque on s'adonne à une cause, plus on donne, plus on grandit. Une vérité dont Steve Galatti était l'incarnation.
« Ce fut le don tout particulier de Steve Galatti d'avoir su transformer cette expérience (c'est-à-dire son travail pendant la grande guerre) en un programme audacieux. L'échange d'étudiants français et américains entre les guerres a été énormément amplifié en 1947; depuis lors, le Field Service a introduit dans de milliers de foyers américains--- des jeunes de 17 ans, garçons et filles... pour en faire des citoyens du monde entier qui n'oublieront jamais leurs jours aux Etats-Unis.... Ce fut sa vie, sa façon de dire que la seule chose plus forte que la bombe, c'est l'attraction d'une personne pour l'autre--- le pouvoir cohésif de l'humanité. »
G.P.G.
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Chapitre Sept |
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Table des matières |