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| Le retour dans son pays de l’ambassadeur Myron T Herrick était maintenant retardé. Il ne perdit pas de temps à mobiliser les leaders de la Colonie Américaine. |
metro; RER C, Gare des Invalides
1: Rue François Premier
American Embassy, 5 rue François Premier (l’immeuble d’origine a été remplacé)
Plus tard, à l’Ambassade américaine, au numéro 5 de la rue François Premier, je trouvai l’Ambassadeur Herrick en train constituer un comité de secours des Américains pour aider et régler la situation de nos compatriotes bloqués ici. Il y en a environ trois mille qui veulent rentrer chez eux, mais qui sont dans l’impossibilité de retirer de l’argent avec leurs lettres de crédit ; s’ils ont de l’argent, ils ne peuvent pas trouver des trains, ou des cabines dans les navires de ligne vers l’ouest. Monsieur Herrick me montra un câble du Département des Affaires étrangères de Washington lui demandant de rester à son poste jusqu’à ce que son successeur, Monsieur Sharp, peut atteindre Paris. Paris War Days. 1914.)
American Relief Clearing House, 5 rue François Premier
Monsieur Herrick pensait que la protection et collaboration les plus efficaces dans l’assistance serait une institution destinée à l’aide caritative comparable à une « chambre de compensation » dans le secteur bancaire. Il proposa donc la création d’une « chambre de compensation » pour l’aide matérielle. Il suggéra même de l’appeler « Chambre de Compensation » car il avait pensé son projet dans les moindres détails, jusqu’à son nom (…) Les bureaux furent implantés au 5, rue François I, libéré par l’Ambassade Américaine (Percy Mitchell. The American Relief Clearing House, 1922.)
Après son remplacement par le candidat de Wilson, William Sharp, qui transféra l’ambassade rue d’Eylau, Myron T. Herrick retourna en Amérique depuis Bordeaux le 28 novembre.
Quartier général de la Croix Rouge Américaine, 7 rue François Premier
En arrivant à Paris, nous nous allâmes directement au quartier général au numéro 7 de la rue François Premier, quartier général français de la Croix Rouge américaine à Paris. C’est là que nous nous sommes engagés pour être volontaires de l’armée française et de là que nous nous sommes allés compléter notre équipement et obtenir des uniformes. Nous avons profité ensuite de quatre jours glorieux, car Paris est super, même en temps de guerre, et nous nous rendions compte que nous ne serions pas de retour avant au moins six mois (Edward R. Coyle. Ambulancing on the French Front, 1918.)
Herman H. Harjes
Morgan-Harjes, 7 rue François Premier
Monsieur Bacon m’a présenté au docteur Du Bouchet, responsable de l’Ambulance et au docteur Gross, le médecin principal. Ils m’ont dit qu’ils me mettraient dans le corps des ambulanciers si je voulais me joindre à eux. Ils vont prendre cinq ambulances Ford en plus pour faire des sorties à partir de plusieurs bases, situées à peu près à vingt miles de Paris. C’est plutôt le genrd le travail que j’avais envie de faire. Monsieur Bacon a parlé d’une autre proposition aujourd’hui, qui semble encore meilleure : il semble que l’on organise en ce moment un service ambulancier pour travailler en liaison directe avec les armées britanniques et françaises sur le terrain. Monsieur Harjes, de Morgan Harjes & Co le gère. C’est bien sûr exactement ce que je veux et Monsieur Bacon va m’y introduire, s’il le peut. (Edward D. Toland. The Aftermath of Battle. 1916.)
American Volunteer Motor Ambulance Corps, d’abord implanté à Londres, sous les auspices de l’ambulance britannique de Saint Jean.
L’idée de cette admirable entreprise a été suggérée à Monsieur Norton quand, au début de la guerre, il a vu à l’Hôpital Américain de Neuilly nombre de cas de blessés français et anglais dont les vies étaient perdues ou qui sont infirmes et souffrants à vie, en raison du temps mis à les retirer du champ de bataille. (Henry James, "The American Volunteer Motor-Ambulance Corps in France,” 1918)
Richard Norton
La personnalité la plus célèbre, parmi tous les universitaires américains qui, en 1914, 1915 et 1916, offrirent leurs services aux corps d’ambulance en France, en Belgique et au Proche-Orient, était Richard Norton. Diplômé d’Harvard en 1892, fils du professeur Charles Eliot Norton, il était devenu archéologue réputé et pendant huit ans, directeur de l’Ecole Américaine d’Etudes Classiques à Rome. La Grande Guerre le détourna de ces activités érudites en faveur d'un travail sur le terrain au bénéfice de l’humanité. Sa réponse à cet appel fut immédiat. Tôt après le début de la guerre, il se rendit à Londres et organisa l'American Volunteer Motor Ambulance Corps. En Octobre 1914, dix de ses ambulances étaient au travail, d’abord sous les auspices de la Croix Rouge Britannique et de l’Ambulance de Saint-Jean, les conducteurs étant des diplômés récents d'universités américaines. (Edwin W. Morse. The Vanguard of American Volunteers, 1919.)
Les Unités Norton-Harjes
Le Paris du temps de guerre était nouveau pour Dos Passos. La Ville Lumière était sombre et silencieuse lorsque les ambulanciers sortirent du train à la petite station du Quai d’Orsay. Il lui sembla parcourir les pages d’un roman policier en écartant les rideaux de feutre noire du couvre-feu en entrant dans l’hôtel affecté aux hommes de Norton-Harjes. Tôt le matin suivant ils se rendirent au quartier général au 7 rue François Premier pour les cérémonies de prestation de serment sous la direction de H. Herman Harjes, le banquier français qui avait donné des milliers de dollars et nombre d’ambulances pour soutenir les secours de guerre français. Le banquier millionnaire avait accepté de joindre ses efforts à ceux de Richard Norton, qui avait lancé l'American Volunteer Motor Ambulance Corps en 1914 avec deux voitures et quatre conducteurs. Au moment Dos Passos s’enrôla chez Norton-Harjes, le service était passé à treize sections comprenant six cent volontaires américaines et trois cent ambulances. (Virginia Spencer Carr, Dos Passos, 1984.)
Samuel N. Watson
2: Cathédrale Américaine,
23 avenue George VC’était en août que j’ai épinglé l’insigne de l’Ambulance sur la manche de mon mari, une bande blanche avec une croix rouge, les lettres A.A. et le sceau du gouvernement militaire de Paris. [...]
Le 29 août 1914, le premier directive général pour l’ambulance fut émis et signé par Samuel N Watson en qualité de Président du Comité de direction du Comité de l’Ambulance. 14 septembre 1914, émission du premier rapport. Le linge de l’hôpital avait été fait par l’Ouvroir de l’Eglise Américaine. (Jeannette Grace Watson. Our Sentry Go, 1924.)
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Le 30 mai 1923, un mur du souvenir dans le cloître de l’église fut inauguré en l’honneur des Américains qui avaient servi en France pendant la Première Guerre Mondiale. Y assistaient le Président Poincaré, le Maréchal Foch, l’Ambassadeur Herrick… un emblème sur le mur représente AFS.
3: Place des Etats-Unis
Myron T. HerrickLe buste du populaire ambassadeur américain, sculpté par Léon-Ernest Drivier, fut inauguré le 12 février 1937. Herrick avait été au cœur de l’organisation des efforts de secours américains au début de la Première Guerre Mondiale, en particulier, par la création de l’Ambulance Américaine. En 1919, il a contribué à l’unification de deux groupes : l’ American Field Service Association et la Société des bourses d’études américaines dans les Universités Françaises pour arriver à la création des Bourses d’Etudes françaises d’AFS.
Le Général Pershing déclara « Monsieur Herrick a été notre premier volontaire ». Parmi la noble compagnie des jeunes américains qui ont suivi son exemple, beaucoup ont été tués au combat, et leur souvenir à tous est honoré en France comme nous célébrons ceux de La Fayette et de Rochambeau. Un superbe monument à leur mémoire est érigé Place des Etats-Unis et tous les Quatre Juillet, des représentants officiels de toutes les administrations du gouvernement français s’y réunissent et leur rendent un hommage reconnaissant. (Col. T. Bentley Mott. Myron Herrick. Friend of France, 1929.)
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Mémorial des Volontaires Américains
Le 4 juillet 1923, le Président Poincaré consacra ce monument – sous la forme d’une statue en bronze sur une plinthe – aux américains qui s’étaient engagés volontairement pour combattre au cours de la Première Guerre Mondiale au service de la France. Le sculpteur, Jean Bouchet, s’était inspiré d’une photographie du soldat et poète Alain Seeger. De chaque côté de la base de la statue se trouvent des citations de l’« Ode à la Mémoire des Volontaires américains tombés pour la France », de Seeger.
En 1923, lors de la consécration du Quatre Juillet à Paris du monument aux volontaires américains qui ont perdu leur vies au service de la France avant l’entrée en guerre de notre pays, nous étions représentés par une groupe d’hommes du Field Service, dont Alan Muhr en uniforme, portant la bannière de la SSU 1. Archibald Dudgeon, qui avait gracieusement apporté pour nous la bannière en France à cette fin, a noté « Nous avons tous senti que cette cérémonie a été l’une des plus dignes, belles et impressionnantes que nous avons jamais vu. Le drapeau de la Section I y a apporté histoire et réputation. Il se voyait bien et marquait clairement la présence de membres de l’American Field Service. » (Bulletin of the AFS Association, May 1926)
On peut noter qu’un mémorial aux volontaires du Lafayette Flying Corps (dont beaucoup avaient été préalablement conducteurs d’AFS) fut inauguré le 4 juillet 1928 à Marnes la Coquette, et qu’une fontaine à la mémoire des volontaires d’American Field Service a été inaugurée Place Duroc à Pont-à-Mousson le 27 septembre 1931.
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John Pershing
Si nombre d’historiens à la petite semaine considèrent que le Corps Expéditionnaire Américain a gagné seul la guerre en 1918, les Français eux-mêmes sont plus réservés, considérons cet hommage représenté par un piédestal sans statue.
Pendant de nombreuses années, le nom du général américain a été néanmoins célébré au Pershing Hall, 49, rue Pierre Charron, où un grand nombre d’organisations américaines, à commencer par l’American Legion Post #1, avaient leur siège. Tout cela changea quand le Secrétariat d’Etat Américain aux anciens combattants, le propriétaire, réévalua le chiffre d’affaires fait avec cet immeuble de premier ordre. Il ferma ensuite le bâtiment pour rénovation en 1992 (nombre d’objets historiques étant confiés au Musée de Blérancourt) et le Pershing Hall fut transformé en hôtel de luxe.
4: Maréchal Foch,
place du Trocadéro et du 11 Novembre
Derrière la statue, et vers l’ouest, le mur de soutènement du cimetière de Passy est orné d’un bas-relief en l’honneur des soldats de la Grande Guerre. La statue de Foch en évoque une autre ; celle de la clairière de Rethondes, près de Compiègne, où fut signé l’armistice le 11 novembre 1918. (Il y a un petit musée qui vaut la visite sur votre route depuis Paris vers le Musée de Blérancourt).Avant la guerre, Foch était bien connu comme professeur à l’Ecole militaire de Saint Cyr et ses écrits sont des travaux classiques sur des sujets militaires. En tant que bras droit de Joffre, on le considère comme le plus grand stratège de l’armée française. Au cours de la bataille de la Marne, le Général Foch commandait la Neuvième armée et ce fut dans les marais de Saint Gond qu’il exécuta sa célèbre manœuvre et adressa son célèbre message « ma gauche est brisée, ma droite est en déroute donc je vais attaquer au centre. »
Nous avons failli une fois avoir ce célèbre général en tant que malade. Un appel urgent fut envoyé pour qu’une ambulance se dirige vers un accident sur la route non loin de Meaux. Quand notre ambulance y arriva, ils découvrirent une belle voiture Rolls-Royce durement endommagée par une collision contre un robuste orme. Les passagers n’étaient rien de moins que le célèbre Général Foch et son gendre. Ils étaient blessés tous les deux mais, comme on s’en aperçut, pas très sérieusement. En route à grande vitesse le long de la route étroite bordée d’arbres, il avait été question de s’écraser contre un arbre ou de se fracasser contre une voiture à bras de paysan avec quelques femmes et enfant, et le chauffeur préféra la première solution. (James R. Judd. With the American Ambulance in France, 1919.)
5: Musée Clemenceau,
8 rue Franklin
Finalement je pris sur moi et dans mon magnifique français, essayais de demander du pain, ce qui fait qu’on m’invita immédiatement à rentrer et à avoir un repas normal. La dame responsable, qui portait une Croix de Guerre avec palmes, fit tout son possible pour nous, et nous eûmes un vrai festin – bœuf, jambon, pain et beurre (un luxe) confiture, noix, fromages et figues. On nous apprit plus tard que ce qui avait été fait pour nous n’était absolument pas normal « mais fait pour nous avec plaisir ». La dame, qui parlait anglais, dit que sa mère était américaine. Quand « Redpants » vint nous chercher, il fut stupéfié et pensa que nous étions très pistonnés, car nous avons appris par la suite que la dame avec la Croix de Guerre, qui nous avait si gentiment reçus, n’était rien d’autre que la fille de M. Clemenceau, l’ancien Premier Ministre de la France ! » (History of the American Field Service in France. 1920)
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Un jour alors que nous quittions le quartier général du Field Service rue Raynouard, nous vîmes une petite voiture Citroën sortir de la rue Franklin et tourner au coin. Un homme sortit de la vespasienne et avec un revolver tira plusieurs fois vers l’arrière de la voiture. Le conducteur fit un virage et se précipita vers la rue Franklin alors que l’assaillant s’enfuyait en courant par une rue voisine. Nous courûmes après la voiture et vîmes le conducteur aider un vieil homme qui se donnait des coups dans le dos et se touchait la poitrine. Ce vieil homme était le Premier Ministre Clemenceau ; il rit et déclara, alors qu’on le conduisait dans la maison « cette fois, ils m’ont raté ». Mais il avait une balle dans le dos, et bien qu’il ne fut pas sérieusement blessé, la balle ne fut jamais extraite. (Lansing Warren. Ambulancier, 1978.)
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A chaque homme du Field Service, la rue Franklin rappelle non seulement le grand Américain qui fut notre premier ambassadeur en France, mais également – et peut être de manière plus vive parce que nos jours d'« ambassadeurs » en France étaient si vifs que qu'ils avaient tendance d'eclipser l’histoire consacrée, ----ce grand Français devant la maison duquel nous passions si souvent. Cela nous aurait semblé incroyable si nous avions pu penser que quelques années plus tard seulement, Georges Clemenceau, qui ne serait plus Premier Ministre, se rendrait en Américaine comme porte parole officieux de son pays, que sa visite nous apporterait, en tant qu’association en temps de paix, l’honneur de son soutien ainsi que son aide matérielle pour la continuation de notre objectif de célébrer la mémoire de nos membres qui n’avaient pas survécu à la guerre ! [...]
En même temps que l’arrivée du « Tigre » dans ce pays, Robert A. Donaldson, SSU 70, avait suggéré par télégramme depuis la Californie que dans la mesure où on allait utiliser les bénéfices de la tournée pour promouvoir la compréhension entre la France et l’Amérique, on fasse un effort pour affecter ces bénéfices au financement de nos bourses d’études. A la suite de cette suggestion, le Colonel Andrew, à Washington, exposa la situation à Monsieur Clemenceau et lui expliqua nos espoirs sur les bourses d’études du Field Service. Bien que nombre d’organisations franco-américaines avaient sollicité ces fonds en provenance de ses conférences américaines pour la continuation de leurs activités, M. Clemenceau avait décidé de nous en faire les seuls bénéficiaires, et en donna la raison dans le télégramme suivant adressé depuis Philadelphie un ou deux jours plus tard :
« En souvenir de mes années d’étudiant en Amérique, j’espère que vous m’autoriserez à affecter le produit de mes conférences à votre fond pour envoyer des garçons américains en France et amener ici nos étudiants » (AFS Association Bulletin, janvier 1923)
6: 35 rue de la Tour
En plus des dortoirs pour les hommes au « 21 » lui-même et au chalet, on ouvrit de nouveaux logements dans un appartement au 35, rue de la Tour. Les pièces d’habitation étaient une fois de plus encombrées. La salle-à-manger recevait cent cinquante hommes à chaque repas. Après le déjeuner au soleil des merveilleuses journées d’avril, vous les trouviez sur la terrasse appréciant la vue du beau vieux jardin, l’eau argentée de la Seine au dessous et, au loin, les formes élancées de la Tour Eiffel ; ou bien la nuit contemplant les lumières de Paris, si étranges après ces longues journées de guerre, brillant en longues trainées sur l’eau noire. (AFS Bulletin avril 1919.)
7: 5 rue Lekain
Il semblait seulement nécessaire, cependant, de rechercher quelque part dans cette spacieuse maison et ses environs, et on pouvait toujours trouver de nouvelles ressources pour résoudre les problèmes de logement au fur et à mesure qu’ils se posaient. C’était suffisant pour le Service mais avec l’accroissement extraordinaire au printemps 1917, on décida que, pour le confort des permissionnaires, il fallait demander de l’aide extérieure. Nos généreux donateurs, une fois de plus, vinrent à l’aide et les logements pour les hommes de retour du front furent transférés dans la propriété voisine, appartenant à la même famille au 5, rue Lekain. Cette installation était gérée par un autre intendant comme une annexe au 21, rue Raynouard, qui désormais ne se servirait que comme bureaux et quartiers pour l’équipe et les domestiques, sauf pour les deux salons et salles-à-manger, où les hommes se retrouvaient. (History of the American Field Service in France. 1920)
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La Section 14 fut constituée à Leland Stanford Junior University par J. H. Eastmann, étudiant à Stanford. Elle fut la première section à arriver en France déjà organisée en unité. Soutenue par une société de Californie, les « Friends of France » l’unité quitta San Francisco le 4 février 1917 et arriva à Paris le 23 février 1917, étant la première section à occuper les quartiers du Field Service au 5, rue Lekain. (AFS Bulletin, le 19 mars, 1919)
8: 21, rue Raynouard
Nous avons l’honneur de vous annoncer que le Siège
Central des Sections Sanitaires de l’Ambulance Américaine aux
Armées (American Ambulance Field Service) a été transféré
du Lycée Pasteur, Neuilly-sur-Seine, au21, rue Raynouard Paris (XVIè)
Désormais, toute correspondance concernant ce service
devra être envoyée à cette adresse et toute communication
téléphonique faite à Passy 60-21 ou Passy 60-27.
Nous serions heureux d’avoir votre visite le Mercredi
23 courant entre 5 h et 6 h 30Edmond L. Gros A. Piatt Andrew Stephen Galatti
Il y avait de grands problèmes à l’Hôpital américain où le Docteur Gros et les membres du comité de transport étaient de plus en plus irrités par Andrew. Les mois passaient et le service d’Andrew, qui recrutait des ambulanciers volontaires dans les grandes universités de tout le pays, commença à attirer plus l’attention que l’hôpital lui-même. Un instinct né pour la publicité, Andrew faisait circuler dans les clubs des universités dans les grandes villes d’Amérique un film des activités des ambulanciers tourné sur le terrain. En 1916, il avait compris qu’il aurait à couper les liens entre son service et l’hôpital. Mais pour ce faire, il aurait besoin de l’accord, non seulement de Robert Bacon mais également de la redoutable Anne H. Vanderbilt. La deuxième épouse de William Kissam Vanderbilt était une personnalité célèbre dans la communauté américaine en France et avait un pouvoir considérable sur la hiérarchie de l’hôpital » (Andrew Gray. “The American Field Service.” 1974.)
Anne Vanderbilt
A la fin de l’été 1916, le quartier général du Service aux Armées quitta ses quartiers exigus de l’Ambulance Américaine et déménagea à Paris. Il est nécessaire de se rappeler encore ce que Mmw. Vanderbilt a fait pour nous en France ( …) La séparation du Service aux Armées de sa maison-mère, l’Ambulance Américaine, et le développement ultérieur du service sans entraves furent directement de son fait. Après un séjour de deux mois en Amérique, je fis le passage en juin 1916 sur le Lafayette sur lequel Mme. Vanderbilt rentrait également. J’eus la possibilité de lui parler et elle fit la promesse de rencontrer Andrew à déjeuner le lendemain de notre arrivée. Pendant trois heures après ce déjeuner, Andrew lui décrivit la situation en son entier, et elle comprit rapidement les problèmes. Quelques jours après elle réussit ce que des mois de discussion, de sous-entendu et d’incompréhension n’avaient pas pu faire, c’est-à-dire arriver à un accord de fonctionnement indépendant sous la houlette du Docteur Gros, accordant à Andrew la liberté de gestion du Service aux Armées et une distinction totale des fonds qui y lui étaient destinés. (Stephen Galatti in AFS Association Bulletin, juin 1939)
Vingt-et-Un, rue Raynouard ! Quel écho ces mots vont toujours faire retentir dans les cœurs de tous ceux d’entre nous qui ont appris à connaître le château et particulièrement le magnifique parc ! L'American Field Service a eu nombre de bienfaiteurs généreux, dont aucun ne sera commémoré avec autant de gratitude que la Comtesse de la Villestreux et les membres de la famille Hottinguer qui, en août 1916, ont mis à notre disposition ce domaine princier, où l’on trouve le plus grand et le plus beau parc à l’intérieur des fortifications de Paris. Ces quatre ou cinq acres de forets, de jardins et de pelouses étaient l’endroit idéal. En bas le terrain proche de la Seine était d'un accès facile aux entrées et sorties de nos ambulances, avec énormément d’espace pour plus de cent cinquante au même moment, sous la protection d’arbres énormes. Une allée serpentait vers des terrasses successives jusqu’à être devant le château, au sommet de la colline de Passy. En regardant en bas à partir de cet endroit, on voit à gauche le feuillage dense et sombre de la plus grande châtaigneraie de Paris et à droite le chalet romantique, avec un coup d’œil vers le verger au dessous. Entre ces deux points, des allées serpentent, encadrant au milieu une vaste pelouse. Au dessus et à travers les arbres, on aperçoit les eaux brillantes de la Seine ; au delà de la châtaigneraie se dresse la silhouette dentelée de la Tour Eiffel. (Raymond Weeks in AFS Bulletin, Jan 12, 1918.)
Le lendemain de mon baccalauréat, mon père me mena rue Raynouard jusqu’à une charmante maison Directoire qui n’existe plus et dont les jardins dévalaient vers la Seine. De grands arbres se penchaient sur de longues allées sinueuses qui enlaçaient comme des bras de vastes pelouses où il eût été délicieux de s’asseoir vers la fin d’un beau jour. Tout parlait de temps plus heureux que le nôtre. J’étais sensible à la mélancolie de ce lieu dont on chercherait vainement les traces dans le Paris actuel. Au bas des jardins, rangées en ordre devant la grille qui s’ouvrait sur le quai de Passy, je vis une vingtaine de voitures d’ambulance peintes en fris fer et ornées d’une croix rouge. La dernière de ces voitures était la mienne. (Julian Green. Partir avant le jour, Oeuvres complètes,, 1977.
Escadrille Lafayette:
Il pourrait maintenant revenir par le jardin et en se tournant vers la gauche il remarquerait un groupe d’arbres familiers abritant un chalet suisse, installé ici depuis son époque mais plus vieux par rapport à ce qu’il venait de voir. Il y rentrerait, peut-être, pour s’y reposer un moment, pour être alors accueilli par une infirmière en uniforme bleu se tenant debout près une table couverte de bouteilles et de verres médicaux. Elle lui apprendrait que le chalet était maintenant utilisé comme infirmerie pour les hommes du Service aux Armées dont les blessures ou les maladies n’étaient pas suffisamment sérieuses pour être traitées dans un hôpital militaire. (History of the American Field Service in France. 1920)
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L’homme responsable du Service aux Armées était le Docteur Edmund Gross de l’Hôpital Américain qui profita de son rôle pour recruter des volontaires pour un corps de pilotes entièrement américain – pour aboutir à ce que le Service aux Armées fournisse presque le tiers des pilotes de l’Escadrille Lafayette.
En même temps et indépendamment des efforts de Prince et des autres, un autre Américain implanté à Paris, le docteur Edmund Gros, l’un des hommes responsables du corps de l’Ambulance Américaine, avait eu la même idée d’organiser une unité d’aviateurs américains. Il pensait que nombre des volontaires qu’il avait rencontrés dans le corps de l’ambulance seraient d’excellents candidats pour être pilotes, et il utilisa alors ses contacts et sa réputation à Paris pour créer une unité d'aviateurs. (Philippe D. Rogers, L"Escadrille Lafayette 2002)
Alors que le « 21 » continuait à être un foyer d'accueil pour les hommes du Service aux Armées, deux développements allaient transformer le Field Service, après l’entrée en guerre des Etats-Unis en avril 1917 . Le premier fut la Réserve Mallet et le second l’absorption du service par l'Armée américaine dans un énorme « United States Army Ambulance Corps ».
Reserve Mallet:
camion White
Commandant Mallet
Commandant Doumenc
Près de deux ans s’étaient écoulés depuis ce jour d’avril 1917 immédiatement après l’entrée en guerre de l’Amérique où le Commandant Doumenc, chef du Service Automobile de l’Armée Française, appela le 21 rue Raynouard pour demander si des volontaires américains ne pourraient pas aider au transport des munitions et du matériel pour ses armées. Il dit qu’à ce moment-là les rangs du Service Automobile étaient sérieusement clairsemés, qu’il leur manquait sept mille conducteurs pour répondre aux exigences du moment et qu’un grand nombre du personnel restant était formé d’hommes âgés peu aptes au travail fatigant et ardu qui leur incombait, et qui en même temps étaient vivement attendus chez eux après près de trois ans d’absence, pour exploiter leurs fermes et permettre la continuation de la vie industrielle du pays. Si nous pouvions l’aider, il proposa d’affecter à du personnel américain l’une des grandes réserves automobiles qui avaient pour but d’aider les armées dans les régions d’opérations offensives et défensives intenses ; en fait, il proposa d’affecter une réserve particulière qui s’était déjà illustrée lors de la bataille de Verdun et ailleurs, sous le commandement d’un officier efficace et compétent qui comprenait les Américains et parlait leur langue. Il dit que si le Service aux Armées voulait vraiment aider la France il ne pourrait pas rendre un plus grand service que de contribuer au projet qu’il avait exposé. (AFS Bulletin, le 8 mars, 1919)
USAAC:
Dès que les Etats-Unis s'engagèrent dans la guerre en avril 1917, l'Angleterre et la France envoyèrent des commissions officielles à Washington afin de discuter priorités et méthodes de coopération.
J'expliquai que nous nous étions arrangés pour envoyer mille officiers médicaux du groupe de réserve s'intégrer aux forces britanniques en France, cela ayant été la première chose demandée par la Commission Balfour. Je me retournai ensuite aux représentants français et, aussi diplomatiquement que possible, je leur demandai s'il y avait une affectation semblable que l'on pouvait réaliser auprès des forces médicales françaises. Leur porte-parole, dans un anglais vigoureux, refusa de formuler une telle demande, en insistant que leur commission ne s'était pas rendue aux USA avec l'intention de solliciter des faveurs, mais de nous rencontrer dans un esprit de respect et de bonne volonté afin de discuter les problèmes que nous avions en commun.
Je répondis en tirant son attention sur la pénurie connue d'officiers médicaux dans les armées française et britannique et sur la souffrance rapportée des soldats des Alliés blessés pendant les attaques les plus récentes, et j'insistai que nous avions les ressources en hommes, matériel et hôpitaux que nous pourrions fournir immédiatement, au lieu d'attendre jusqu'à ce que notre propre organisation, à une date bien ultérieure, puisse être formée et transportée.
Le ministre Baker, avec sa manière persuasive, suggéra que, même si nous efforts à cette heure ne seraient que d'une importance mineure, il espérait qu'ils seraient acceptés comme gestes de bonne volonté et solidarité pendant que nous préparions une force plus importante.
Les visiteurs français s'échangèrent quelques mots dans leur langue maternelle, et puis demandèrent le privilège de se retirer pendant quelques minutes pour pouvoir se consulter entre eux.
Il était évident que cette procédure irrégulière énervait le général Scott, qui nous tournait à moitié le dos à notre petit groupe et qui regardait par la fenêtre au-delà de l'Ellipse vers le monument à Washington. A chaque suggestion proférée à propos de l'envoi d'hommes en France, il changeait de position de façon significative, comme s'il luttait pour supprimer une protestation
Les représentants français et leur porte-parole rejoignirent notre groupe et indiquèrent qu'ils seraient heureux de recevoir les 2.500 ambulances et 5.000 soldats pour les conduire. Ils demandèrent en toute déférence que, si possible, les machines ne se consistent que du châssis, qu'ils soient de fabrication Ford, et livrés à Brest avant trois semaines. Cette demande très particulière pour du matériel ainsi que pour des hommes (sans qualification médicale) et le bref délai de livraison fut assez inattendue!
Je posai immédiatement la question au Secrétaire de la Guerre s'il croyait que cette demande pouvait être satisfaite dans le délai spécifié. Le chef d'état major s'était retourné dans sa chaise et nous dévisageait. Le Secrétaire de la Guerre se tourna vers lui et, de manière détendue, dit avec un ton légèrement interrogatoire: "Mon général Scott, il n'y aura pas de problèmes dans l'exécution de cet ordre?" Le général rétorqua qu'il n'en était pas sûr.
"Qui va payer la subsistance de cette force de 5.000 soldats? " demanda-t-il.
Le délégué français sauta debout, se mit au garde à vous, et répondit: "On peut compter sur la France de s'occuper de ses invités chez elle," salua et se rassit. (Franklin H. Martin. Digest of the Proceedings of the Council of National Defense during the World War, n.d.)
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Ce qui compta le plus pourtant et qui nécessita notre intégration dans l'armée américaine nationale, ce fut la réponse du général Joffre, lorsque la première commission française arriva à Washington en mai 1917 et que le chirurgien-général Gorga lui demanda quel service immédiat pourrait rendre à la France la division médicale de l'armée américaine. Sa réponse fut que les Etats-Unis devrait assumer, dans la mesure du possible, la responsabilité des soins aux blessés au front. Il serait difficile de trouver un hommage plus satisfaisant au Field Service que cette requête que le travail qu'il effectuait en fFance depuis plus de deux années soit supplémenté et assumé entièrement pas les Américains. En conséquence, le général Gorgas autorisa, par le biais du Secrétaire de la Guerre, l'organisation du United States Army Ambulance Service à Allentown. (Henry D. Sleeper, in History of the American Field Service in France, 1920.)
Camp Crane, Allentown, Pennsylvania
Mais qu’allait devenir le Service aux Armées lorsque la Force Expéditionnaire Américaine atteindrait les rives françaises ? (…) Ni le Général Pershing ni le Médecin Général Gorgas n’étaient intéressés par le Service aux Armées. Des postes de commandement dans la FEA, était-il rappelé, ne seraient donnés qu’aux soldats professionnels et non pas aux non-militaires comme Andrew. L’Armée des Etats-Unis créa donc une organisation d’ambulance qui lui était propre faisant partie de son service médical. Elle était créée sur le modèle du Service aux Armées mais dix fois plus importante en terme d’hommes et de ressources. La seule concession à l’organisation existante était l’exemption des volontaires de la conscription. Il n’y avait aucune position comparable pour son inspecteur général. On offrit à Andrew le rang de major et à Galatti celui de capitaine. Les deux hommes étaient par ailleurs soumis à un quarteron de colonels nommés par le cabinet du Médecin Général, dont aucun n’avait d’expérience pratique avec le travail de l’ambulance ou la connaissance des conditions en France. Pendant ce temps, un énorme campement était ouvert à Allentown, en Pennsylvanie pour le United States Army Ambulance Corps ; pendant les deux années suivantes près de vingt mille hommes y furent formés et envoyés pour servir aux côtés des armées française et italienne. Le Service aux Armées fut officiellement fusionné avec cette organisation en septembre 1917. Après la guerre, l’USAAC fut sommairement liquidée. (Andrew Gray, The American Field Service, 1974)
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C’était au « 21 » au début de juillet 1917 que les Bulletins AFS furent publiés et où des hommes d’ « AFS » s’arrêtaient à Paris pendant leur permission. Après l’absorption d’AFS par l’USAAC, Henry Sleeper, dont on n’avait plus besoin pour le recrutement, le financement et l'achat d’ambulances en Amérique, arriva et prit en charge.
Henry Sleeper
A l’automne 1918, Sleeper arriva à Paris où il devint directeur du foyer de l’American Field Service au 21 rue Raynouard à Passy. Après l’Armistice, il resta à Paris pour aider Andrew à la transformation du Service en un programme de bourses d’études pour l’échange d’étudiants entre les universités françaises et américaines. Les deux hommes retournèrent à la mi 1919 à Gloucester, où Andrew se mit à la rédaction de l’histoire officielle de l’American Field Service en France, publiée en trois volumes l’année suivante (E. Parker Hayden Jr. and Andrew Gray, ed. Beauport Chronicle, 1991.)

Stephen
Galatti
Et ainsi nous trouvons le lieu que la « rue Raynouard » a rempli jamais tellement défini, mais toujours associé d’une façon quelconque aux hommes et à leur travail. L’affection que les hommes lui portaient l’a marqué de manière définitive comme leur maison en France. Cela aurait été suffisant mais au-delà on trouvait les possibilités que cela donnait pour élargir le Service. En regardant en arrière ces années on se demande si ce n’était pas seulement la « rue Raynouard » elle-même – et pas seulement le voisinage – mais l’esprit heureux et désintéressé qui y régnait, simplifiant les tâches – qui ont donné le courage nécessaire pour continuer d’élargir le rôle de l’American Field Service et par dessus tout ce qui a fait de ce Service un acteur important de la cause de la France. (Stephen Galatti in History of the American Field Service in France. 1920)
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Chapitre Cinq |
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