Du catalogue d'exhibition:
"1853-1947, Les Americans de la Légion d'Honeur",
23 juin - 18 octobre 1993, Musée national de la Coopération franco-américaine,
Château de Blérancourt, Commissaire: Véronique Wiesinger

 

Alan Albright

Le docteur Evans.
Un "Yankee" à la cour de l'Empereur

LORSQUE LE MARQUIS D'OYLEY, anciennement John Henry Evans(1), se mit à circuler dans un carrosse à armoiries accompagné de valets en livrée, son oncle considéra qu'il poussait la plaisanterie trop loin, et le déshérita(2). C'est ainsi que la fortune du docteur Thomas W. Evans échut à Philadelphie et non au marquis; l'Université de Pennsylvanie fut instituée légataire universelle, à charge pour elle de construire une école dentaire et un musée portant le nom du disparu.

Paris avait perdu dans ce transfert de précieux témoignages de son histoire, car Thomas W. Evans avait côtoyé le pouvoir sous le Second Empire, puis avait fait office d'ambassadeur des États-Unis officieux dans les débuts de la Troisième République. Il s'était approché de fort près de la noblesse, ayant soigné la bouche de nombreuses têtes couronnées en sa capacité de dentiste, probablement l'un des plus célèbres en Europe au XIXe siècle, à une époque où la dentisterie anglo-américaine était à la pointe du progrès tandis que les «arracheurs de dents» français sévissaient encore.

Thomas Wiltberger Evans fut un «self-made man» qui trouva l'Amérique en France. Son extraordinaire succès social dans le Paris de Napoléon III, la fortune qu'il y amassa, sont presque incroyables, et il n'est pas sûr qu'il faille accorder crédit à toutes les histoires qu'il raconta après coup --- notamment dans son autobiographie publiée à titre posthume. Mais, quoiqu'il en soit, il reste qu'Evans était un bon dentiste, et que son landau fut le témoin d'une bien extraordinaire aventure.

Lorsque la rumeur de la défaite de Napoléon III à Sedan atteignit Paris, le rideau tomba sur le Second Empire et ses fastes. L'impératrice Eugénie, abandonnée par des courtisans tentés de se refaire une virginité politique, était à la merci d'une foule sans merci. Cherchant à fuir, elle se souvint d'un homme en qui elle avait une totale confiance: son dentiste. Accompagnée de sa dame d'atour, elle réussit à gagner Bella Rosa, le luxueux hôtel particulier du docteur Evans, Avenue de l'Impératrice. Le lendemain matin, Evans fit préparer son landau... «Quand vous vous approcherez de la sentinelle», Evans recommanda à son cocher, «fouettez les chevaux et je me mettrai debout devant la fenêtre pour empêcher de voir qui m'accompagne». Ce stratagème (ou un autre, car il y a plusieurs versions de l'histoire[3]) réussit, et le landau, passé la Porte Maillot, s'éloigna rapidement de Paris vers Mantes, où les chevaux furent changés. Après une nuit passée à Rivière-Thibouville, le petit groupe prit le chemin de fer, puis une voiture de location, pour arriver finalement à Deauville, où les attendait Madame Evans. Là, le docteur parvint à convaincre un noble anglais, Sir John Burgoyne, de faire traverser la Manche à l'Impératrice dans son yacht. Après quelques atermoiements auxquels mit fin Lady Burgoyne, Sir John accepta et la traversée eut lieu de nuit, dans des conditions météorologiques épouvantables. Mais tout finit bien, et Evans put prendre congé de l'Impératrice en la sachant en lieu sûr à Chislehurst.

Pendant ce temps à Paris, de l'autre côté de la rue en face de Bella Rosa, les tentes nouvellement érigées de l'Ambulance Américaine (ambulance signifiant alors hôpital de campagne) étaient le témoin d'une activité intense, malgré l'absence de leur mécène et directeur. Paris était assiégé. La fuite en landau avait clôturé une ère brillante et frivole, le Second Empire, pendant laquelle les étrangers avaient pu se frayer un chemin vers des positions élevées. Napoléon III lui-même venait en quelque sorte de l'étranger, après quelques années d'exil en Suisse et en Angleterre. Son épouse était espagnole; son dentiste, américain.

«Vous êtes jeune, mais intelligent, je vous aime bien» dit Louis-Napoléon à Evans qui venait de mettre fin à la dernière rage de dent du prince-président de la Seconde République(4). C'était au printemps de 1850, Evans avait alors 27 ans, et grâce à cet efficace remplacement de son employeur malade, il venait de changer sa destinée. Louis-Napoléon, ayant de mauvaises dents, savait apprécier un bon dentiste, et Evans fut appelé à le côtoyer professionnellement deux fois par semaine pendant vingt ans.

Thomas Evans n'aurait jamais oser rêver de cela quand il était enfant. «Je pense que j'aimerais être mécanicien plus tard, faire quelque chose de mes mains », avait-il confié à sa mère(5). Il était plus intéressé par la vitrine de l'horloger voisin que par son travail à l'école et c'est pourquoi, quand il eut 14 ans, ses parents envoyèrent leur fils cadet en apprentissage chez un orfèvre à Philadelphie. C'est là, en apprenant à travailler les métaux précieux, qu'Evans eut ses premiers contacts avec le monde de la dentisterie de pointe. Les bons dentistes utilisaient des outils particuliers et des alliages spéciaux pour faire des plombages; à cette époque, pour devenir l'un d'eux, il fallait commencer par être apprenti chez un praticien établi. C'est ainsi qu'en 1841, à l'âge de 18 ans, Thomas quitta l'orfèvrerie pour travailler chez un dentiste réputé de Philadelphie, puis étudia la chirurgie à l'université (Jefferson Medical College). Après cela, il eut quelque temps un cabinet à Baltimore, avant de s'associer à un collègue de Lancaster en Pennsylvanie. C'est là qu'il établit sa réputation d'expert en plombages en or. La première reconnaissance officielle vint en 1847 lorsqu'il remporta un prix à l'exposition annuelle du Franklin Institute grâce à une démonstration de ses talents.

Parmi les spectateurs, se trouvait un médecin de Philadelphie à la retraite, vivant à Paris, qui prit le jeune homme sous son aile et, en novembre 1847, le présenta à qui il fallait où il fallait: à Paris, où le docteur Cyrus Starr Brewster, dentiste américain à la clientèle huppée, cherchait un assistant. Evans s'en tira fort bien, et était tout à fait préparé lorsqu'au printemps 1850, il remplaça Brewster empêché lors d'un appel de la Présidence de la République.

Il y a quelque chose dans l'histoire d'Evans qui anticipe le roman de Mark Twain, A Connecticut Yankee in King Arthur's Court, publié en 1889. Comme le héros du roman, Evans était un homme de grand sens pratique, inventif, habile de ses mains, à l'esprit vif et prompt à saisir les occasions. De plus, son utilisation des plombages, du caoutchouc vulcanisé, du gaz anesthésiant(6), était aussi en avance que la poudre à fusil à l'époque du roi Arthur dont parle Mark Twain. Ses qualités professionnelles permirent à Evans de se trouver bientôt en contact étroit avec les plus hautes sphères de la société européenne; et ses qualités humaines le conduisirent bientôt à un rôle plus important --- celui de diplomate officieux. Il eut même l'honneur d'être nommé chirurgien-dentiste de l'Empereur, par décret du 3 février 1854 à effet rétroactif au 11, janvier 1853(7), et de faire ainsi partie de la Maison de l'Empereur. La Légion d'Honneur devait suivre peu après, consécration d'autant plus grande que le docteur Evans était le premier Américain ainsi distingué(8).

Evans entre-temps s'était installé à son compte au 15 rue de la Paix où il fut rejoint par d'autres membres de sa famille, notamment son frère Theodore et son neveu John Henry. Parmi les clients d'Evans on comptait la future impératrice(9) et sa famille, le tsar de Russie, le sultan de Turquie, les souverains anglais et belges, les familles royales ou impériales allemandes. Muni de sa trousse dentaire de voyage, et de son nécessaire à écrire à son chiffre, Evans faisait la tournée des châteaux. Homme de confiance, on lui demanda parfois de faire passer quelques messages avec discrétion. On l'en récompensa de plusieurs façons, notamment honorifique. Outre la Légion d'Honneur, Evans fut fait commandeur des Ordres de Sainte Anne et de Saint Stanislas de Russie, commandeur des Ordres de l'Osmanli et du Medjidie de Turquie, commandeur de l'Ordre de Frederick de Wurtemberg, commandeur de l'Ordre de Zachringen de Bavière, officier des Ordres de la Couronne et de l'Aigle Rouge de Prusse, de la Couronne de Chêne de Hollande et de Saint-Michel de Bavière, et membre des Ordres de Saint Maurice et Saint Lazare d'Italie et de Saint-Sauveur de Grèce.

L'Ambulance américaine de Paris en 1871 (cat. 11).

Mais sa récompense était aussi d'ordre matériel. L'année qui précéda la nomination d'Evans comme chirurgien-dentiste de l'Empereur, Haussmann avait été nommé préfet de la Seine; les plans du nouveau Paris dressés par ce dernier, étalés dans les bureaux de l'Empereur, n'allaient pas échapper à l'œil exercé d'Evans. Le dentiste en acquérant des terrains dont la plus-value était certaine, faisait autant de la spéculation immobilière que ce qu'on attendait qu'il fit grâce à ses informations d'«initié». C'était un siècle sans scrupule : les Américains chassaient les Indiens, les Européens bâtissaient des empires, et les industriels du monde entier amassaient des fortunes immenses. Les investissements avisés d'Evans lui permirent de construire Bella Rosa, un superbe manoir sur la nouvelle avenue la plus chic de Paris, joignant l'Arc de Triomphe au nouveau Bois de Boulogne, avenue qui reçut le nom de l'Impératrice elle-même(10). C'est ainsi qu'il confia à Garnier, l'architecte de l'Opéra de Paris, archétype de l'architecture du Second Empire, la conception du splendide escalier en marbre, pièce maîtresse de sa demeure. Mais sa nouvelle richesse n'empêcha pas Evans de cultiver ses goûts antérieurs, notamment la constitution d'une collection d'ustensiles para-médicaux de la Commission Sanitaire américaine(11).

Le titre de chirurgien-dentiste impérial permit à Evans non seulement de porter un uniforme de cour, mais de promouvoir la dentisterie comme une profession respectable en France. Par ailleurs, son intérêt pour la médecine et la chirurgie en général lui permit de faire bénéficier la France de l'expérience américaine d'assistance aux blessés gagnée pendant la Guerre Civile. Pendant l'été 1864, Evans se rendit aux États-Unis, autant pour y inspecter l'œuvre de la Commission Sanitaire américaine que pour évaluer les chances des Nordistes de l'emporter, afin d'en rendre compte à Napoléon III.

Plan parcellaire autour de la cathédrale américaine,
15 avril 1891 (
cat. 13).

C'est plus par pragmatisme que par manque de sympathie pour les causes du Sud que la France s'était abstenue de reconnaître la Confédération. Il y avait une affinité de classe entre le Sud aristocratique et la Cour impériale, où le Sud était bien représenté; et surtout, le coton nécessaire à l'industrie française provenait du Sud. La situation étant compliquée par l'aventure française au Mexique, Napoléon III ne voulait pas faire de faux pas. Il envoya Evans pour sonder le président Lincoln. Evans rapporta à l'Empereur sa ferme conviction que le Nord allait l'emporter, et il est plus que certain que son intervention décida l'Empereur à ne pas reconnaître le Sud.

Ambassadeur officieux des États-Unis, Evans l'était déjà lorsqu'il permettait par ses recommandations à de nombreux Américains d'être invités à la Cour. La colonie américaine de Paris était alors groupée autour de ses églises. Evans fréquenta d'abord l'Église américaine, l'aidant à acquérir un terrain 21 rue de Berri(12). Néanmoins, dans les mois qui précédèrent la guerre franco-prussienne, Evans et sa femme joignirent la congrégation épiscopalienne, socialement plus élevée, qui avait ses quartiers à l'Église américaine de la Sainte Trinité. Son frère Theodore y était actif depuis longtemps déjà(13). Evans aida la Sainte Trinité à acquérir à son tour un nouveau terrain au 23 Avenue de l'Alma(14).

Ce changement d'église coïncida à peu près avec le passage du Second Empire à la Troisième République. Il inaugurait des années de couronnement social pour Evans, doyen des notables de la colonie américaine de Paris. Ses écrits se multiplièrent, essentiellement sur la médecine en temps de guerre --- dont une description de son ambulance américaine publiée en 1873, deux ans après la promotion que celle-ci lui avait valu comme commandeur dans l'ordre de la Légion d'Honneur. En 1880, Evans élargit son champ d'action en fondant le premier journal américain de Paris, l'American Register, contrepartie de la gazette anglaise Galignani's Messenger Après sa mort, l'American Register devait succomber à la dure concurrence de l'un de ses rivaux, l'Herald Tribune, dirigé par James Gordon Bennett. Evans s'essaya aussi à l'analyse littéraire, publiant en 1884 une introduction à une traduction française des mémoires d'Heinrich Heine --- qui fut un échec commercial. Enfin, il s'attela à ses propres mémoires, publiées de façon posthume en 1905 par son collaborateur le docteur Edward A. Crane(15). Pendant cette période, Evans fréquenta les cercles artistiques comme ceux de la bonne société. Les artistes commençaient à rechercher le soutien financier des riches Américains, et la fortune d'Evans ainsi que son prestige en tant que patron de presse lui valurent de nombreuses amitiés, notamment celle de Mallarmé --- et celle de Méry Laurent, dont il partagea les faveurs avec ce dernier(16). Inquiet comme ses co-paroissiens du bien-être des jeunes femmes américaines venues à Paris pour étudier l'art, Evans fonda Lafayette Hall non loin de son manoir, à la même époque où le foyer de Saint Luc et l'American Girls Club se créaient dans le même but sur la rive gauche(17). L'intérêt d'Evans pour l'éducation, et pour les relations franco-américaines en général, le conduisirent aussi à diriger un comité chargé d'étudier la possibilité d'établir un diplôme accessible aux Américains étudiant à la Sorbonne(18).

Naturellement, un tel succès valut à Evans quelques inimitiés. Les officiels de la Commission Sanitaire américaine, par exemple, n'avaient jamais été très heureux de se voir représenter par ce qu'ils voyaient comme un expatrié arriviste qu'ils n'avaient pas désigné. L'ambassade et la délégation américaines n'étaient pas non plus ravies de vivre dans l'ombre de l'influent Evans. Mais les extravagances nobiliaires de John Henry Evans, ainsi que ses tentatives pour s'approprier la clientèle de son oncle, devaient finalement effacer toute trace des fantastiques aventures d'Evans en France(19). Après la mort de sa femme en juin 1897, Thomas Evans revint mourir en novembre à Paris; son corps fut rapatrié aux États-Unis où il fut enterré, aux côtés de sa chère épouse, au cimetière de Woodland à l'ouest de Philadelphie.

La famille déshéritée tenta bien sûr de contester la légalité du testament, mais, après beaucoup d'argent perdu entre les deux rives de l'Atlantique à cet effet, le monument à la mémoire du docteur Evans vit finalement le jour en 1915 à Philadelphie, sur l'ancien site de la ferme familiale: le Thomas W. Evans Museum and Dental Institute(20). C'est là que les standards d'excellence en matière de dentisterie du bon docteur furent propagés, mais sans que les autres aspects de sa riche personnalité y soient mis en valeur. Il est vrai que Philadelphie n'a pas de liens historiques avec la France, et que les aventures lointaines du docteur Evans devaient y sembler irréelles.

Pendant ce temps, la mémoire d'Evans se perdait en France, avec l'avènement du XXe siècle, les bouleversements politiques et les guerres sanglantes qui l'accompagnèrent. Dans la mémoire collective, la famille Evans se confondit --quand on s'en souvenait --- en un seul individu(21): Theodore confondu avec Thomas; l'épouse de Theodore, active à l'Hôpital américain, avec Agnes, Mrs. Thomas Evans.

Grâce à la générosité de l'Université de Pennsylvanie(22), et à l'occasion de l'exposition, le landau qui sauva Eugénie et permit ainsi d'éviter un bain de sang inutile(23), ce symbole de la coopération franco-américaine, est aujourd'hui revenu en France. Cette voiture au chiffre d'Evans, qui résume une vie chevaleresque tout autant qu'un intérêt sincère pour les causes humanitaires, était tout indiquée pour représenter le docteur Evans au sein des collections nationales françaises(24).

 


 

Notes de bas de page

 

LE DOCTEUR EVANS, UN «YANKEE» A LA COUR DE L'EMPEREUR

1. Sur John Henry, voir: John F. Platt, «Some Genealogical Tablets of the Family of Evans». Il avait été fait marquis héréditaire par le Saint-Père par lettres pattentes du 22 septembre 1876.

2. Voir les mémoires inédites de James Heesom, données en 1985 à l'University of Pennsylvania par Windley S. Heesom.

3. Cette version vient de Louis Judson Swinburne's, Paris Sketches, Albany NY, 1875, pp. 181 et suivantes.

4. Milton Asbell, A Century of Dentistry, A History of the University of Pennsylvania School of Dental Medicine, 1878-1978, Philadelphia, 1978, p. 48.

5. Ibid, p. 47.

6. «Lors d'une visite aux Etats-Unis en 1867, [Evans] prit connaissance de l'utilisation du protoxyde d'azote pour l'anesthésie générale. (Gardner W. Colton [1814-1898] avait donné une large publicité de ses études pendant plusieurs années). Pensant qu'une telle innovation constituerait un sujet unique pour l'Exposition Universelle qui allait avoir lieu cette même année, il invita Colton à venir à Paris et, de fait, y fit exposer son travail. Après l'Exposition, Colton resta plusieurs mois avec Evans pendant lesquels il fit l'usage de protoxyde d'azote à plusieurs reprises. Convaincu de l'efficacité de ce gaz, Evans emmena Colton à Londres l'année suivante afin que celui-ci fasse la démonstration de l'emploi du protoxyde d'azote devant des représentants des professions médicales et dentaires.» Ibid, p. 49.

7. Archives Nationales, Paris.

8. Evans fut nommé chevalier le 22 juillet 1853, officier le 13 janvier 1866 et commandeur le 15 octobre 1871.

9. L'histoire selon laquelle l'Empereur fut présenté à sa future femme dans la salle d'attente du Dr. Evans est fausse, quoique basée sur une parcelle de vérité. Selon Henry Rainey, la comtesse céda gracieusement son tour lorsqu'un envoyé de l'Empereur vint chercher le docteur Evans; celui-ci en fit la relation à l'Empereur, qui invita la comtesse avec sa mère à la Cour («Phîladelphia`s Royal Dentist», 1945).

10. Aujourd'hui avenue Foch.

11. Il exposa sa collection à l'Exposition Universelle de Paris en 1867. Voir: Dr. Thomas W. Evans, Ambulance and Sanitary Materiel forming part of a report on Class XI, Group. II, Paris Exposition 1867, Paris, 1867

12. Voir: Joseph W. Cochran, Friendly Adventurers, Paris, 1931.

13. Voir: Cameron Allen, The History of the American Episcopal Church of Paris, from its Origins until 1918, Rutgers University, vers 1985, thèse non publiée, pp. 149-150. Un exemplaire se trouve dans les Archives de la cathédrale américaine de Paris, un autre au musée national de Blérancourt.

14. Ibid., pp. 213-249.

15. Memoirs of Thomas W. Evans: Recollections of the Second French Empire, edited by Edward A Crane, London, 1905, 2 vois.

16. Voir Henri Mondor et Lloyd James Austin, éd., Correspondance de Stéphane Mallarmé, Paris, Gallimard, 1975-1985, 10 vols. Dans leur Histoire illustrée de l'art dentaire, Paris, 1977, p. 602, M. Dechaume and P. Huard, font cette allusion: «(Evans) est plus discret sur ses relations avec Méry Laurent, ancien modèle de l'atelier de Manet et la villa où il l'avait installée boulevard Lannes, fréquentée par Mallarmé, Coppée, Becque et nombre d'écrivains et d'artistes.» La collection d'Evans quand elle gagna Philadelphie comportait de fait des tableaux de Manet.

17. Cameron Allen, op. cit., pp. 168, 280-28 1.

18. Voir Mondor et Austin, op. cit., p. 307 et suivantes. Yves-Henri Nouailhat, France et Etats-Unis août 1914 - avril 1917, Paris, 1979, p. 50, écrit: «A la fin de 1895, un Comité des Universités de Paris et d'Amérique tient une première réunion chez un dentiste américain francophile, Thomas W. Evans, avenue du Bois de Boulogne. Michel Bréal y lance le projet d'un diplôme accessible aux étrangers: le futur "Doctorat d'Université", qui sera créé par la Faculté des Lettres de Paris en janvier 1897. Mallarmé, ami d'Evans, assistait à cette rencontre et en souligna l'importance dans un article de la Revue Scolaire du 12 décembre 1895: L'intérêt rare, pour moi, de cette démarche résida, toute la veillée, dans le fait qu'une mesure très importante, politique, propre à rapprocher par l'étude de deux peuples, émanait, non de quelque séance officielle, mais du concours mondain d'une double élite employant une langue ou l'autre autour d'un maître de maison zélateur infatigable et souriant de sympathies entre sa nation et la nôtre.»

19. Voir Mondor et Austin, op. cit., p. 83: «Le Figaro du samedi 8 janvier 1898 donna cette nouvelle: "La fortune du docteur Thomas Evans récemment décédé, fortune qu'on évalue à 25 millions, n'ira décidément pas à la Ville de Paris, comme le définit l'avait naguère laissé espérer."»

20. Voir: Asbell, op. cit., pp. 51-55.

21. Voici le véritable arbre généalogique de la famille Evans, avec les dentistes indiqués en caractères gras: William Milnor Evans (1792-1862) et Catherine Ann Wiltberger (1792-1873) eurent six enfants: 1. Rudolph Henry Evans, époux d'Elizabeth J. Doyle (1818-1866) dont deux des six enfants s'établirent en France, John Henry (1838-) and Louis Rudolph (1840-1866); 2. Anna Frances Evans (1817-1858), épouse de Don Carlos Enos; 3. Catherine Roland Evans (1819-1892), épouse de Charles A. Muller; 4. Theodore Sewell Evans, (1821-1890), époux de Frances Howard, enterrée à Neuilly après des funérailles à l'Eglise de la Sainte Trinité; 5. Thomas Wiltberger Evans (1823-1897) époux d' Agnes Josephine Doyle (d. 1897); 6. Julia Evans (1827-1854) épouse de Thomas L. Hewitt.

22. Grâce aussi à l'obstination d'une Philadelphienne de Paris, Meredith Martindale Frapier, de la Société historique d'Auteuil et de Passy, à l'expertise légale généreusement financée par la Fondation Florence Gould, au soutien financier des Amis du musée de Blérancourt, et aux efforts de la Direction des Musées de France.

23. Voir: Louis Judson Swinburne, op. cit., p. 181

24. Ceux qui désirent en savoir plus sur le Docteur Evans peuvent lire la biographie divertissante écrite par Gerald Carson, The Dentist and the Empress, Boston, 1983. On peut lire aussi la thèse non publiée d'Anthony Douglas Branch, Dr. Thomas W. Evans, American Dentist in Paris, 1847-1897, University of California at Santa Barbara, 1971, ou encore d'Henry Rainey, «Dr. Thomas W. Evans, America's Dentist to European Royalty», Philadelphie, 1952. La bibliographie complète et les archives du docteur Evans se trouvent à l'University of Pennsylvania School of Dental Medicine, 4001 Spruce Street, Philadelphia, PA.